VENDEE GLOBE 2020 : DEPART LE 8 NOVEMBRE PROCHAIN

Ce tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance s’annonce en tous points exceptionnel.  Le 8 novembre aux Sables d’Olonne, ils seront 33 marins au départ dont  notre adhérent Stéphane Le Diraison sur son bateau Time For Oceans. Nautique-Sèvres suivra de près cette magnifique épreuve. Allez Stéphane !

Pour remporter le Vendée Globe, il faut cocher de nombreux critères : un projet structuré, un bateau rapide et fiable, du talent et de la réussite. Certains athlètes ont toutes ces cordes à leur arc et affichent clairement leur désir de scorer. Mais le résultat sportif n’est pas l’ambition exclusive de tous les navigateurs. Il y a ceux, aussi, qui viennent chercher une première expérience ou qui s’embarquent pour le rêve d’une vie. Le Vendée Globe est une épreuve unique au monde, où la compétition pure côtoie l’aventure. Où, par-delà le sport, tous les marins, face aux éléments, seront unis par un destin commun : celui de la rencontre avec ses propres limites, du dépassement de soi, des émotions extrêmes. Ils seront aussi reliés par le même désir de finir, de boucler cette immense boucle de 21 638 milles (40 075 km), après 70 à 100 jours de mer, en solitaire.

19 monocoques équipés de foils

La classe IMOCA a embrassé l’ère des foils, ces « ailes sous-marines » qui permettent de sustenter les bateaux au-dessus de l’eau et qui offrent des vitesses folles aux grands monocoques de carbone. L’édition 2016 avait amorcé ce virage technologique. 2020 l’a allègrement emprunté, donnant naissance à des plans porteurs plus grands et plus sophistiqués. 19 des 33 monocoques sont dotés de ces appendices impressionnants, dont 8 bateaux de toute dernière génération. Les 60 pieds IMOCA sont devenus des machines plus complexes et surtout, beaucoup plus rapides.

C’est à bord de l’IMOCA avec lequel il a pris le départ du Vendée Globe 2016 que Stéphane s’engage pour l’édition 2020 : un plan Finot-Conq de génération 2008. Bien né, sa carène fiable et puissante lui a permis d’être largement optimisé au fil des années et de rester compétitif. À l’issu de la Transat Jacques Vabre 2019, un chantier ambitieux a été entrepris en vue du Vendée Globe 2020. « Cette expérience 2016 fut riche d’enseignements et mes avaries m’ont adressé une belle leçon d’humilité. J’y ai appris beaucoup de choses. Avec mes partenaires, nous avons créé Time for Oceans. Nous avons gardé le même bateau, mais il n’y a plus que la coque qui soit d’origine. Tout le reste a évolué »

C’est donc avec un nouveau roof qui offre une vraie casquette de protection, de nouveaux safrans, une ergonomie complètement modifiée et l’implantation de foils que Time For Oceans s’annonce fin prêt pour affronter de nouveau les mers du Sud. De quoi gagner 5 jours, selon Stéphane, à l’échelle du tour du monde !

Pour les premiers essais, Stéphane Le Diraison a largué les amarres de Lorient, après un sérieux détour dans le Golfe de Gascogne et s’est rendu près des côtes de l’Irlande. « En général quand on rend visite à nos cousins celtes il faut affronter une météo rugueuse, cette fois à part une journée pendant laquelle le vent était tonique les conditions étaient clémentes. Entendons-nous bien : j’ai quand même eu de la pluie et cette nuit il y avait un brouillard à couper au couteau. Je parle surtout du vent, assez doux »

Ces modifications sont un succès

Qu’en est-il des évolutions apportées au bateau ? Est-ce que les foils fonctionnent ? En un mot, la réponse est « oui » ! Les foils apportent un plus incontestable, à certaines allures (vent de travers) le bateau est méconnaissable. L’ergonomie du cockpit et la protection sont excellentes. Quel bonheur de pouvoir manœuvrer sous la pluie… mais à l’abri. Les safrans offrent un gain très intéressant pour le contrôle du bateau. Et puis il y a tous les petits détails qui n’échapperont pas aux regards affûtés, par exemple je peux maintenant garder à poste 2 gennakers (voiles de portant) : avant changer de voile me prenait une demi-heure et maintenant 5 minutes suffisent. Bref ces modifications sont un succès !

« Bien sûr il y a eu quelques surprises moins sympathiques : les hublots qui fuient (rien de tel que de dormir trempé), le réservoir de gasoil qui avait un défaut de montage (j’ai baigné dans le gasoil toute une nuit – les odeurs sont toujours du voyage),… etc. Tout cela relève du détail, ces défauts de jeunesse seront vite corrigés. Quant à moi j’ai retrouvé  peu à peu le rythme du  large. Mes journées s’organisent entre la marche du bateau, la navigation, le sommeil fractionné, la météo, les repas,…

Rendez-vous aux Sables d’Olonnes le 8 novembre prochain.

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